
Kinshasa – 10 avril 2025. Sous les plafonds feutrés de la salle de réunion garamba de la capitale, les voix s’élèvent, les idées fusent et les convictions s’affirment. Une cinquantaine de représentants d’organisations de la société civile environnementale, venus de divers coins du pays, ont répondu présents à l’appel lancé par Congo Watch (CW-ASBL). L’objectif de la journée : unir les forces, accorder les violons, et bâtir une stratégie de plaidoyer pour pousser le Parlement à adopter enfin la loi foncière tant attendue.Dans une ambiance studieuse, mais déterminée, les participants ont décortiqué le projet de loi actuellement à l’étude à l’Assemblée nationale. Une proposition qui, si elle est adoptée, pourrait marquer un tournant historique dans la gestion des terres en RDC, en mettant fin à l’opacité, aux conflits d’usage, et aux pratiques arbitraires encore trop fréquentes.

Un besoin de réforme urgent « Il faut en finir avec la jungle juridique foncière. La terre doit cesser d’être source de conflit pour devenir un moteur de développement », lance une activiste venue de l’Ituri. Dans la salle, on acquiesce. Car ici, chacun sait : la question foncière touche au cœur de la vie des communautés, de l’agriculture, des forêts, de l’exploitation minière… et même de la paix.Le constat est partagé : la loi foncière actuelle, héritée de l’époque coloniale et rafistolée au fil des décennies, ne répond plus aux défis contemporains. Il est temps d’y injecter plus de clarté, de transparence, et surtout, de justice sociale.Une stratégie citoyenne en marcheFace à l’inertie politique et aux intérêts croisés, la société civile a décidé de ne pas croiser les bras. Lors de cet atelier, une feuille de route commune a été adoptée, centrée sur le lobbying parlementaire, la sensibilisation des communautés de base, et l’implication des femmes et des jeunes dans les discussions.Congo Watch, en chef d’orchestre, s’engage à coordonner les actions et à maintenir la pression sur les décideurs. « Notre rôle n’est pas seulement de dénoncer, mais d’accompagner le changement. Nous voulons une loi foncière portée par le peuple, pour le peuple », a déclaré un membre du comité organisateur.L’avenir se joue maintenantÀ l’issue de la journée, un message clair émerge : la réforme foncière n’est plus un luxe, mais une urgence nationale. Et la société civile, plus organisée que jamais, entend bien jouer sa partition jusqu’au bout.Reste à savoir si les parlementaires entendront cet appel venu de la base. Car dans un pays où chaque lopin de terre peut être à la fois promesse de vie et source de conflit, la loi foncière est bien plus qu’un texte législatif : c’est une affaire de justice, de paix et de dignité.
candide kipulu
