
Kinshasa, le 6 avril 2025 — La pluie, en torrent, a parlé sans prévenir, transformant les rues de Kinshasa en rivières de soupirs. La rivière Ndjili, jadis paisible, s’est réveillée avec fureur, engloutissant le calme et laissant derrière elle un décor de désolation. Face à cette montée spectaculaire, le géologue Christian Mbelu Kabala, s’exprimant depuis Lubumbashi, a livré une analyse éclairante sur les causes et les solutions envisageables.

I. Aux origines du chaos : des causes naturelles et géographiques Christian Mbelu rappelle que Kinshasa est le point de convergence de plusieurs rivières venues du Kongo Central, rendant son système hydrologique particulièrement vulnérable :La rivière Lukaya, née dans les Monts de Cristal, traverse Mont-Ngafula et alimente érosions et débordements, aggravés par l’absence de caniveaux fonctionnels.La rivière Nsele, qui arrose l’est de Kinshasa, provoque moins de dégâts, notamment à cause d’une moindre densité humaine dans son bassin.La rivière Ndjili, au cœur de l’actualité, reçoit les eaux de multiples ruisseaux frontaliers au Kongo Central, traverse la capitale jusqu’à l’aéroport, puis se jette dans le fleuve Congo.

II. Des solutions à portée de main mais encore négligées Face à cette urgence hydrologique, Mbelu propose une stratégie multisectorielle :1. Entretien régulier des cours d’eau et des infrastructures de drainage pour prévenir les obstructions.2. Reboisement des zones en pente afin de stabiliser les sols et limiter les glissements.3. Cartographie précise des zones à risque, préalable indispensable à une politique d’urbanisation cohérente.4. Planification urbaine rigoureuse, interdisant la construction dans les zones inondables.
III. L’urgence d’agir, maintenant Les solutions existent, mais elles nécessitent une volonté politique forte et une mobilisation collective. Parmi les actions urgentes :Réhabilitation des infrastructures de drainage ;Éradication des constructions anarchiques ;Sensibilisation communautaire pour changer les comportements ;Implication des jeunes dans les projets verts : reboisement, campagnes de nettoyage, éducation environnementale.

Ce cri d’alerte, lancé le dimanche 6 avril 2025 depuis Lubumbashi par le géologue Christian Mbelu Kabala, mérite une écoute attentive. Car si la rivière Ndjili gronde aujourd’hui, c’est peut-être que la nature nous rappelle avec fracas que Kinshasa doit revoir sa relation avec son environnement.
Redaction